dimanche 29 mai 2011

Et pour finir : de Sisophon à Phnom Penh, puis Sihanoukville, Kampot et Kep

 




On ne peut voyager au Cambodge sans ressentir le poids de son histoire si déchirante et si
douloureuse et la souffrance incommensurable qu'a vécue le peuple khmer. 



La prison de Kampot


A travers des livres : 'Le portail' de François Bizot et 'Cambodge, année zéro ' de François Ponchaud, d'après ce que nous ont relaté quelques cambodgiens au gré des rencontres qui mentionnent à demi mot la dévastation perpétrée par les Khmers rouges, à l'approche de lieux de tueries qui aiguisent la mémoire, pendant notre séjour à Phnom Penh tout particulièrement, on tente vainement de saisir l'horreur qui a ravagé
le pays si récemment encore. Le peuple khmer a n'a pas seulement eu à subir l'outrage d'un
protectorat français peu soucieux de lui (de 1863 à 1953), il n'a pas seulement eu à endurer une
guerre fratricide pendant 10 ans (1960 - 1970), il n'a pas seulement eu à combattre les Vietnamiens,
ses ennemis aux dents longues et de longue date, il n'a pas eu seulement à subir les bombardements
américains intensifs censés anéantir les Vietcongs, il a eu, par dessus tout, à vivre un enfer qui a
duré 3 ans, 8 mois et quelques jours (du 17 avril 1975 à janvier 1979) forgé par Pol Pot et sa 'clique'
des khmers rouges.







Quand ils envahissent Phnom Penh et prennent le pouvoir, la grande déferlante est en marche. En
quelques jours, ils vident la ville, une ville qui compte 600 000 habitants, les dispersent dans les
campagnes, massacrent ceux qui ne peuvent pas suivre le mouvement (les vieux, les enfants, les
malades....) et ceux qui résistent. Ils détruisent chaque signe qui rappelle la civilisation occidentale
et tous ceux qui ont eu partie liée avec elle : les intellectuels, les cadres, les fonctionnaires, les
gradés, les militaires, les médecins, les professeurs..... Leur rage meurtrière les pousse à tuer les
coupables, les présumés coupables et tous les membres de leur famille dans la foulée. 2 millions de
morts. Ils videront de même toutes les autres villes du Cambodge, aboliront l'argent afin d'instituer
l'échange par le troc, anéantiront toutes les institutions quelles qu'elles soient, culturelles ou
hospitalières, démantèleront tous les moyens de transmission, la poste, le téléphone, le chemin de
fer, brûleront tous les livres, interdiront la circulation de l'information, pour mettre en place un
système totalitaire, de propagande, de délation et de terreur, qu'ils auront soin d'approvisionner
abondamment en criminels meurtriers pour le faire fonctionner à plein rendement.





















Cette période porte le triste nom de Kampuchéa démocratique.

A Phnom Penh, on se rend au centre de documentation Bophana créé par le cinéaste Rithy Panh, auteur du magnifique film 'S21, la machine de mort khmère rouge', on visionne des documentaires, on
met des images sur ce qu'on a lu, on voit Pol Pot en chair et en os, dont le sourire est sympathique,
le verbe tranquille, le ton affable et la physionomie bon enfant. On suit une caméra qui traverse la
ville fantôme. En 1979, les vietnamiens envahissent le Cambodge et mettent fin au supplice. Mais
ce n'est pas terminé, durant les 2 années qui suivent, la famine s'abat sur le Cambodge et décime le
peuple.

Les Khmers rouges ne sont pas encore anéantis. Ils sont même conviés à assumer des fonctions au
sein du gouvernement. Il faut attendre plus de 15 ans pour qu'ils soient déclarés hors la loi. Ils
prennent alors le maquis dans le nord ouest du pays, continuent de semer la terreur et la mort en
commettant des actes de guérilla et ne déclareront forfait qu'en 1993.

En trente ans de déchirements, ce sont 3 millions de morts sur près de 8 millions de cambodgiens
qu'il faut déplorer.




Le voyage se poursuit en faisant étapes dans de petites villes en chemin vers Phnom Penh, peu
fréquentées par les touristes et n'ayant que modestement développé leur sites remarquables.

Sisophon nous permet de rallier Poïpet à la frontière thaïlandaise pour renouveler notre visa. Notre
tentative pour voir des oiseaux magnifiques qui peuplent un lac situé à 30 km, dont la grue antigone
à tête rouge qui figure sur les bas-reliefs d'Angkor, s'est soldé par un échec. Nous roulons pendant
des kilomètres sur des routes impraticables, dardées de soubresauts, pour rejoindre le lac sur lequel
nous ne pouvons observer qu'une poignée de hérons quelconques. Pour finir, on veut nous faire
payer 40 € pour contempler le lac et nous adjoindre un guide non anglophone. Nous tournons le dos
au lac et partons explorer le village voisin. Un soleil de plomb écourte notre visite.






Un remarque s'impose, ici au Cambodge, comme d'ailleurs au Laos, on ne peut que constater
l'absence de faune ostensible dans cette nature exubérante et ces régions bardées de lacs et
ruisselantes de cours d'eau. Même les papillons se cachent ! Quant aux oiseaux aquatiques, on se
demande s'ils ne sont pas tout simplement décimés par les chasseurs ?






A Battambang, nous battons la campagne, soit en tuktuk, soit en mobylette. Les temples succèdent
aux temples, les villages de cultivateurs aux villages de pêcheurs, les saluts de bienvenue aux saluts
aimables. Les maisons sur pilotis aux teintes bleutées, les basses-cours, le quadrillage des champs,
les bosquets de palmiers à sucre, les scènes champêtres défilent pour le plaisir des yeux.













Sur le Tonlé Sap, qui se rétrécit à Kompong Chhnang à la taille d'un fleuve, les berges offrent un
spectacle animé : déchargement harassant des cargaisons, embarquement mouvementé des ferries,
valse des pirogues qui relient les villages lacustres au port. En une enjambée, on se rend à Ondong
Rossey, un paisible village de potiers.





















Les quelques jours restants, nous les passons au Sud de Phnom Penh, au bord de la mer.






Sihanoukville, Kampot sur la rivière Prek Kampong et Kep ont bien voulu nous livrer quelques uns
de leurs charmes : de belles plages, une campagne avenante, une grotte à flanc de colline, un zoo,
une école de musique traditionnelle, la dégustation de crabes au très fameux poivre de Kampot dans
des gargottes au bord de l'eau.... Le temps est à la flânerie, nous musardons avant le retour à Phnom
Penh afin d'embarquer pour Bangkok, puis pour d'autres horizons bien plus familiers.












C'est la fin de notre voyage. Nous avons réalisé notre voeu du départ qui était de réaliser un voyage
en douceur dans l'Asie du sud-est. Tout en suivant paisiblement notre route, on apprend la série
impressionnante de catastrophes qui s'abattent sur le monde : un premier tremblement de terre dans
la sud du Yunnan, très près de Manshie où nous nous étions passés fin novembre, très rapidement
passé sous silence par l'ampleur de celui qui secoue le Japon, qui génère le tsunami et la menace de
catastrophe nucléaire. Tout récemment c'est à la lisière de la Birmanie, du Laos et de la Thaïlande
que la terre tremble.




Dans les pays arabes, gronde la révolte, rugissent les canons, se répand la répression aveugle,
tombent les dictatures.




Ces derniers jours, nous lisons un livre découvert par hasard sur les étagères d'une librairie
d'occasions, dont nous vous conseillons vivement la lecture, qui jette un froid sur la candeur (ou
l'ingénuité) du voyageur et nous fait sacrément turbiner : 'La haine de l'occident' de Jean Ziegler.












                                                                                   Fin

lundi 2 mai 2011

itinéraire au Cambodge




Cliquez sur http://goo.gl/maps/BA80, patientez quelques instants, l'itinéraire apparaît.

Les temples d'Angkor (Siem Reap)

















Les temples d'Angkor

Le très instructif musée à l'entrée du site de Champassak, le luxueux musée géré par les thaïlandais
de Siem Reap, des expositions sur le site d'Angkor, les livres glanés en cours de route, nous aident à
nous plonger dans le panthéon des dieux et des divinités des hindouistes, puis des bouddhistes.
Certaines fresques font même référence au Ramayana et à ses histoires touffues, pleines de
péripéties.








Mais il faut aussi se repérer dans l'enchaînement des rois khmers, qui chacun a rajouté une pierre à
l'édifice et à contribué à instaurer un style spécifique. Du IX au XIII siècle, d'innombrables rois se
sont succédés. Les plus notoires sont Jayavarman II qui a unifié l'empire Khmer; Indravarman I
qui a construit les temples de Rouluos, Suryavarman II qui porta Angkor à son apogée ce dont
témoigne la taille monumentale d'Angkor Vat et Jayavarman VII, constructeur prolifique, qui
compte à son actif notamment l'édification du Bayon dans Angkor Thom, de Préah Khan et de Ta
Prohm. Il introduisit en pays khmer, mais de façon transitoire, le Bouddhisme Mahayana. Son règne
marqua le début du déclin de cette civilisation.




On retient une dizaine de styles dans l'art khmer portant le nom des temples les plus éloquents.
Les styles des sculptures se différencient par les costumes, les coiffures, les bijoux et le modelé des
corps. Les plus anciens sont apparentés à l'art indien puis la statuaire évolue vers des formes
typiquement khmères. L'art pré-angkorien (VIIe - IXe) se caractérise pas des attitudes souples. L'art
classique devient statique et stylisé, l'accent portant sur la majesté et la retenue.






Chronologiquement on trouve au VIIe le style du Phnom Da, avec la présence d'un arc de soutien
pour consolider la statue, celui du Sambor Prei Kuk et du Prasat Andet au cours duquel Harihara est
souvent représenté, composé pour moitié de Shiva et de l'autre de Vishnu. Au IXe, se succèdent le
style du Kulen qui ne représente que des Vishnu à quatre bras, dont les traits s'alourdissent et se
stylisent, celui de Preah Ko, plus trapu, massif et idéalisé et le style du Bakheng, sévère, hiératique
et symétrique. Au cours du Xe se développent le style de Koh Ker, aux statues monumentales qui
expriment pouvoir et majesté puis le style de Banteay Srei, qui remplace l'idéal de puissance et de
grandeur par celui de beauté et de charme. Le matériau utilisé est le grès rose. 

Vishnu



Au XIe émerge le style du Baphuon, fait de grâce et d'élégance qui se poursuit au XIIe par celui d'Angkor Vat, qui signe un retour au classique et au statique. Fin du XIIe et début du XIIIe s'épanouit le style du
Bayon, emprunt de bouddhisme Mahayana. Il rompt avec la tradition, les corps deviennent plus
élancés, les épaules étroites, les visages fins. Mais la pierre est de qualité médiocre, il semble de
plus en plus difficile de trouver de grands blocs de grès homogènes.



On a lu un livre qui relate l'histoire de la découverte des temples d'Angkor : 'Angkor, chronique
d'une renaissance' de Maxime Prodromides. L'existence même des temples était tombée dans les
oubliettes de la mémoire des khmers. C'est un français qui est à l'origine de leur remise au grand
jour. 



De la fin du XIXe jusqu'en 1975, des aventuriers explorateurs se sont relayés pour sonder les
ruines enfouies sous la nature exubérante, et les remettre sur pied. Les connaissances se sont
progressivement affinées, et ce n'est que tardivement qu'on est parvenu à en rétablir la chronologie
et à dater précisément le Bayon. Prenant de la hauteur, explorant le site en hélicoptère, peu à peu les
archéologues en réalisent l'envergure et la complexité. Une logique organise l'espace au cours de
l'édification des temples successifs, un lacis de canaux relient les barays (bassins d'eau) entre eux.
Le plus grand, le baray oriental fait 8 km de long. Les khmers ont façonné avec une grande adresse
une alliance entre la terre et l'eau, à des fins agricoles mais aussi pour symboliser le monde tel qu'ils
le concevaient. Certains pensent que le site d'Angkor compose un pharaonique mandala.
Certains des temples sont shivaïstes, d'autres rendent hommage plus spécifiquement à Vishnu.
Brahma lui est peu vénéré au Cambodge. Aux membres du Trimurti hindouiste correspondent des
symboles, chacun a ses avatars (Vishnou peut prendre des formes très variées, il a des avatars
multiples : depuis Rama jusqu'à Krishna), ses attributs (qui symbolisent des pouvoirs), une monture : le boeuf Nandin pour Shiva, l'oiseau Garuda pour Vishnu et Hamsa, l'oie sauvage pour Brahma,
(ces montures peuvent elles aussi être vénérées comme un dieu) et une descendance. Il y a de quoi
se perdre dans l'enchevêtrement de leurs liens familiaux .



La naissance du monde avec Shiva sortant du nombril de Vishnou

Varuna, dieu de l'océan, gardien de l'ouest, sur son oie (Hamsa)



Jayavarman VII (de 1181 à 1219) se convertit au bouddhisme et en fait une religion d'état. Puis
l'hindouisme reprend le dessus. Soit il détruit toutes les figures de Bouddha présentes dans les
temples soit il se contente de les transformer en ascète. Sur un même bas-relief, on croit reconnaître
des iconographies aussi bien bouddhistes qu'hindouistes, et même des personnages du Ramayana.
A Siem Reap on a pris le pli. On se réveille dès l'aube, on part en tuktuk à la fraiche, on visite un
temple ou deux quand ils sont encore déserts. Vers 9h30, les foules rappliquent. On rentre se
remettre de toutes nos émotions, profiter de la piscine, et revigorés on repart pour savourer les trois
dernières heures avant la tombée de la nuit. Dès le 1er jour, il faut opter pour un abonnement de 1, 3
ou 7 jours. On a choisi l'abonnement de 7 jours, on a de ce fait la possibilité de goûter aux temples
par petites bouchées gourmandes. Sinon ingurgiter les temples les uns à la suite des autres mène
rapidement à l'indigestion.


Un Bouddha transformé en sage indien en méditation



Saron, notre chauffeur de tuktuk connaît Angkor comme sa poche et nous prodigue des conseils
avisés. Il nous livre quelques détails de sa vie. Il vient d'une famille très pauvre, il est parti à Phnom
Penh à l'age de 17 ans pour travailler dans l'hôtellerie comme homme à tout faire. De retour au
pays, il se marie et achète une moto pour faire du moto-dop. Il veut gagner mieux sa vie, il s'endette
une première fois en empruntant à la banque 500 $, grâce au terrain que possède ses parents, pour
l'acquisition d'un tuktuk délabré. Une fois sa dette remboursée, il réitère un emprunt de 1000 $,
cette fois-ci pour pouvoir s'offrir le rutilant tuktuk actuel. Il y a un an, sa femme donne naissance à
une petite fille. Elle ne travaille plus en tant qu'employée dans un restaurant pour un salaire mensuel
de 30 $, car ils n'ont pas les moyens d'acheter le lait pour bébé. Ayant à rembourser la banque (il dit
qu'il travaille pour elle), à acquitter un loyer de 30 $/mois pour une chambre minuscule ainsi que les
factures d'électricité qui s'élèvent à 10 $, à payer l'essence, ils ont du mal à s'en sortir. Il regrette de
n'avoir pas pu suivre des études et voudrait améliorer son anglais.


Shiva sur Kala



Le style des linteaux devient plus figuratif. Le grès provenant des carrières situées au pied de la
montagne sacrée proche, le mont Kulen, va progressivement s'épuiser ce qui va engendrer une
renaissance de la construction en brique.


Indra (dieu du ciel, gardien de l'est) sur Airavadata
 (éléphant à 3 têtes) envoie la pluie sur la forêt Khandava

Mais Krishna et Balarama lancent pour la proteger un rideau de flèches



Tous ces temples sont dispersés sur plus de 30 km au milieu d'une magnifique forêt dense parfois
envahissant encore les temples eux-mêmes, comme à Ta Nei ou à Ta Prohm.





Chaque temple livre des mystères et des charmes qui lui sont propre.

Le Banteay Srei (Xe), très éloigné du coeur du site, d'une taille modeste et harmonieuse, recèle des
bas-reliefs, des linteaux, des frontons, des piliers d'un raffinement exquis. Certains se demandent s'il
ne serait pas l'oeuvre de femmes ? Si vous avez entendu parler du projet insensé du jeune Malraux,
qui voulait renflouer ses caisses après des déboires en bourse, en volant des oeuvres khmères très en
vogue pour les revendre à des antiquaires véreux parisiens, c'est dans ce temple qu'il a commis ses
exactions. Il a été arrêté, jugé et condamné. De nombreux intellectuels de l'époque ont pris sa
défense pour obtenir une condamnation plus clémente. ! Les devatas ont finalement réintégré leur
socle d'origine et nous contemplent affublées de leur sourire impénétrable.



Une des devatas emportée par Malraux


Il y a Banteay Kdei (fin XIIe et XIIIe), où l'on pénètre en passant sous un portail flanqué de
garoudas imposants et surmonté d'une tour-visage, qui tient à peine debout et dont les murs sont
maintenus par des béquilles afin qu'ils ne s'effondrent pas.







Pour atteindre Ta Nei (XIIe et XIIIe), il faut s'engager sur un chemin de sable qui virevolte entre les
futaies, descendre du tuktuk quand il s'enlise, parvenir aux tréfonds de la foret, et là, sous une voute
d'arbres qui abritent les oiseaux les plus enchanteurs, se tient à l'écart du monde un temple à peine
restauré, paré de magie.






Au Bayon (XIIe et XIIIe), on ne sait plus où donner de la tête ! Ses galeries déploient à n'en plus
finir des bas-reliefs dans lesquels, en bons détectives que nous sommes, nous repérons les scènes et
les péripéties décrites dans le livre de Jacques et Freeman, qui guide nos pas. Au dessus de nous
plane l'évanescence des sourires des tours aux quatre visages. Où qu'on se trouve, on se sent épiés
dans nos déplacements.


Festivités après la bataille 

Joueurs d'echec


Danse nuptiale des grues antigones





Neak Pean (fin XIIe et XIIIe), est juché sur un monticule au beau milieu d'un baray. La sculpture du
cheval Balaha, à la queue duquel sont agrippés une horde d'hommes, a été repêché. Il y a peu, la
sculpture a été retournée dans l'autre sens. Ce n'est pas un cheval qui sauve des hommes en les
éloignant de la catastrophe, mais un cheval qui conduit des hommes vers la rédemption. La
symbolique n'a peut-être pas encore livré tous ces mystères.





Et puis il y a Angkor Vat (début XIIe), le plus vaste, le plus monumental, le plus hiératique, dédié
principalement à Vishnu. Ce n'est pas vers lui que va ma préférence. Il s'en dégage un rien de
raideur et de sévérité. Son 3e étage est fermé au public et le fameux bas-relief du barattage de la
mer de lait se cache derrière des palissades, ils sont en travaux. On a beau arriver très tôt, il est déjà
la proie des touristes, japonais pour la plupart, qui font le pied de grue pour capturer la fameuse
silhouette du temple à la naissance de l'aube afin de tenir la photo qu'on se doit d'avoir prise. Ils sont
tous agglutinés dans le même angle, figés dans l'attente. Les fresques relatent des épisodes du
Ramayana et du Mahabharata, le défilé historique de l'armée de Suryavarman II, fondateur du
temple, le ciel et les enfers et le barattage de la mer de lait.










Ta Prohm (fin XIIe et XIIIe) est un temple spectaculaire. Les racines aériennes des fromagers
enlacent amoureusement, à moins que ce ne soit avec l'intention de les dévorer, les blocs disjoints
des murs qui s'écroulent. On ne sait pas s'ils font acte de destruction ou de consolidation. On ne sait
plus si on admire l'art de l'homme ou la puissance de la nature.









A Angkor Thom, se trouvent, outre le Bayon qu'on a visité le premier jour, le Baphuon, le
Phimeneakis, la terrasse des éléphants et et celle du roi lépreux. C'est dans la quiétude qu'on s'y
promène, à l'heure où le chant des oiseaux explose dans le petit matin et que les lieux sont encore
déserts. On contourne le Baphuon fermé au public, on fait le tour du Phimeneakis, temple-montagne
imposant sur lequel sont perchés des élephnats et son baray, et l'on est émerveillé en découvrant les
stupéfiants bas-reliefs des terrasses, surtout celles des contre-allées, qui à l'abri des intempéries, ont
conservé toute leur finesse et leur pouvoir d'envoûtement.


















Et pour la prochaine fois, le dernier chapitre et la fin de notre voyage !