A quelques encablures de Ping an (la bagatelle de quatre heures de bus), d'autres villages Dong. Nous
sommes à Chengyang : le relief ici est moins accentué, les villages se succèdent le long de la rivière
qui s'écoule entre les collines. Les prestations touristiques sont beaucoup plus discrètes. Un fausse
note à déplorer ! Le week-end venu, des groupes de chinois débarquent avec un guide muni d'un
haut-parleur qui commente chaque détail. On a un peu l'impression qu'ils visitent un zoo. Le reste
du temps les habitants vaquent paisiblement à leurs occupations et nous saluent gentiment par des
'Ni hao' !
Les Dongs se singularisent par leur art architectural, chaque village s'enorgueillit de magnifiques
'ponts du vent et de la pluie', et par des 'tours du tambour'. A chaque passant, une obole est
demandée pour l'entretien de l'édifice, ce qui donne droit à avoir son nom gravé dans la pierre. Les
Dongs sont des maitres de la construction et ils parviennent à relever le défi de n'utiliser ni
fondations, ni échafaudage, ni clous, ni liens, ni mortier ! Notre hôtel tout en bois, rustique et
odorant, donne sur le pont réputé le plus beau !
La récolte du riz bat son plein. Ici le riz est ramené au village en gerbes. Il est mis à sécher sur la
place formée par la tour du tambour et la scène de théâtre. Cette place connait alors une intense
effervescence. Chaque bâche en plastique bordée de bleu est l'objet de soins incessants.
Toute surface plane dans le village est également prise d'assaut.
On réalise après-coup qu'ici les tiges chargées de grains de riz sont ramassés une par une, à l'aide d'une petite lame tenue dans lapaume de la main.
Les tours du tambour sont des lieux de repos, où se retrouvent tous les petits vieux pour palabrer,
rêvasser, jouer aux cartes ou aux dominos, se réchauffer autour de l'âtre et pour regarder la
télévision. Sur le seuil des maisons, les femmes effilent de toutes petites quantités de coton ou font
de la broderie. Les enfants mangent sans arrêt des bonbons et jettent effrontément les plastiques par
terre. Les grands-mères promènent les enfants en bas âge sur le dos.
Nous observons patiemment un monsieur venu s'installer à coté de nous pour tailler des lanières de
bambou. De sa serpe, il tranche à deux reprises chaque baguette dans son épaisseur, pour ne
conserver que l'écorce fine et souple du bambou. Le travail fini, il nous invite à le suivre, tient à
nous introduire dans sa maison et nous offre un siège. Malgré la désolation des lieux, un frigidaire
trône dans la pénombre. Sa femme nettoie une pleine bassine de racines de gingembre. Il nous offre
une potion dans un bol, il s'avère que c'est de l'alcool de riz fermenté (mao tai jiou). Aïe, c'est fort !
Malheureusement on ne peut pas longtemps tenir une conversation. En repartant, il me montre un
panier, je sais enfin à quoi vont servir les lanières de bambou.
Deux fois par jour, sur la place principale du village de Ma an, un spectacle est donné pour les
touristes. C'est une aubaine, car ces danses et cette musique sont très singulières et il faut une
chance extraordinaire pour y assister.
Nous sommes restés trois jours en ce magnifique endroit. Avant de le quitter, nous avons gravi le
raidillon jusqu'à une pagode qui permet d'avoir un point de vue général sur la contrée.
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