samedi 12 février 2011

Au Laos : Vientiane et Vang Vieng







Le Laos à partir du 6 janvier 2011

Vientiane




On arrive à Vientiane par avion depuis Bangkok, et c'est le jour et la nuit avec Rangoon ! Une petite ville
élégante, aérée, avec ses trois rues principales parallèles qui portent le nom des trois rois les plus
marquant de la région : Fan Ngum, qui a fondé Luang Prabang au XIIIe siècle, un unificateur soutenu par
les Khmers (les Cambodgiens au sud), Setthathirat (le fils de Phothisarat, qui a transferré la capitale à
Vientiane, au XIVe) et Samsenthai (dernier grand roi de Luang Prabang), son palais présidentiel, ses
maisons coloniales, ses temples, son musée et tout ce qui peut satisfaire un touriste en goguette : des bars, des restaurants, des guesthouses, des cybercafés, des laveries, des marchands de sandwichs et de jus de fruits frais, des loueurs de vélos... On n'a pas vu grand chose du Mékong, on y remédiera au retour. (Raté !
En fait on ne repassera pas à Vientiane..). 
 



 On visite nos premiers temples laotiens. C'est un espace assez ouvert, dans lequel sont plantés
apparemment sans ordre, un temple, une ou deux bâtisses (Kouti) pour les moines, quelques stûpas
éparpillées, des palmiers, des frangipaniers et parfois de toutes petites maisonnettes qui servent
présumet-on à ceux qui veulent pratiquer une retraite. Le toit du temple compte 2, 3 parfois 5 pans, rehaussé sur son faîte d'une bordée de flèches décorées. Le fronton est souvent lourdement chargé d'or, de sculptures et d'ornements. Les murs sont souvent peints de scènes qui dépeignent la vie de Bouddha ou de jatakas (ses vies antérieures). On fait la connaissance de Wetsantara, le pénultième Bouddha. Il s'est séparé de tous ses biens, de son éléphant blanc, de ses enfants et jusqu'à sa femme ! Il est parfois question de Ramayana et l'on apprend que le Ramayana laotien n'est pas le même que celui qui a cours en Indonésie (qui est déjà une version modifiée de la forme indienne initiale).





 





Le musée nous compte l'histoire récente du Laos et de ses deux frères ennemis : le prince Souvanna
Phouma, conservateur, qui fut plusieurs fois 1er ministre de l'indépendance à l'avènement du régime
communiste en 1975 et le prince « rouge » Souphanouvong, qui après ses études au Vietnam et en France,
a fondé le parti communiste laotien (le pathet lao), a fait de la lutte armée pendant 30 ans et a été le 1er
président (tonton) de la république démocratique populaire lao. Ce dernier s'est retiré en 1986 pour raison de santé et il est mort à Vientiane en janvier 1995.
 

En 1893 le roi de Luang Prabang demande la protection de la France pour échapper aux velléités de
domination du Siam (la Thailande). Le Siam accepte de céder à la France la totalité des territoires qui
forment le Laos actuel à l'exception de l'extrême sud. Les français ne se sont pas vraiment intéressés au
développement de ce pays, dont il se servait comme état tampon face aux britanniques. Ils ont reconstruit
Vientiane, tracé quelques routes et aménagé la navigation sur le Mékong. Depuis l'indépendance déclarée
en 1945, il ne reste pas grand chose de la présence française : des maisons coloniales, quelques personnes âgées qui parlent le français, la baguette et la vache qui rit.





 


Le Laos actuel est pris en tenaille entre la Chine au nord, le Vietnam à l'est et la Thaïlande à l'ouest qui
chacun à leur manière convoite ses richesses : la Chine et la Thaïlande ont contribué à la déforestation
musclée des massifs (la zone forestière a diminué de moitié depuis 1940), les chinois recherchent du
pétrole (à Tadlo, on a aperçu un campement de petits hommes en orange, on nous a expliqué qu'ils
travaillent pour une compagnie pétrolière chinoise), et les ressources minières du sous sol laotien attisent la convoitise des uns et des autres.
 

Nous nous payons le luxe de quelques jours de détente, le temps aussi d'envoyer un colis par la poste, de
changer de l'argent, d'acheter les quelques menus accessoires qui nous manquent. Nous louons des vélos,
il devient facile de se déplacer. On cherche à voir un spectacle de musique et de danses traditionnelles,
mais le théâtre n'a rien à l'affiche. On finit par se retrouver dans le fond d'une salle de restaurant, qui
accueille massivement les groupes de touristes et qui manque indéniablement de charme. Les convives
sont indifférents à la représentation et se ruent sur leur appareil photo dès qu'apparait la danseuse. On
voulait fouiner du coté du centre français, mais là aussi on trouve porte close.
 

Le 11 janvier, on embarque en bus local pour Vang Vieng. A l'arrivée, quel choc ! Un village où se
rassemblent un nombre incroyable de jeunes voyageurs dévergondés, au comportement étonnamment
inconvenant pour le pays. Ils circulent en petite tenue, braillent, s'exhibent et se saoulent de façon
éhontée. C'est vraiment incongru ! Qu'à cela ne tienne, le premier jour, on part à pied, le deuxième, on
loue un vélomoteur et on sillonne la campagne environnante. Les chemins sont pierreux, traversent des
rivières sur des ponts hypothétiques. On longe des reliefs karstiques, aux versants verdoyants. On fait des haltes dans les villages, qui paraissent prospères. De nouvelles maisons, souvent en dur, poussent un peu partout. Ici tout est conçu pour satisfaire les jeunes : pizza, sandwich, spaghetti, télé à fond les manettes, disco à tue tête, banquettes pour s'affaler. A une heure du matin, des jeunes frappent à notre porte pour nous demander si on voit un inconvénient à ce qu'ils s'installent sur la terrasse attenante. Ils ont fait un barouf du tonnerre jusqu'à deux, trois heures du matin. Quittons ce lieu de débauche !







 


Beau voyage en bus, assis tout à l'avant à l'étage supérieur. La route serpente entre des crêtes de montagne très découpées, et traverse de nombreux villages. Les maisons sont installées tout au bord, un coté adossé au bitume, l'autre posé sur des pilotis. La plupart des villageois sont occupés à ramasser des plumets, qu'ils font sécher sur les bas-cotés, puis qu'ils frappent pour en faire tomber les graines (?). A quoi cela peut-il bien servir ? A confectionner des balais ? En fin d'après-midi, ils rentrent au village lourdement chargés de ces plumets bien rangés, serrés en ballots. La plupart des toits sont des toits de chaume, certains villages sont couverts de tôles rouges, certains de tôles bleues.






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