lundi 25 octobre 2010

la rivière Li

Jean-Christophe et Anna habitent dans l'Université de technologie électronique. Il y a 8 ans, Jean-Christophe voyageait pour la 3e fois en Chine, l'opportunité d'un poste de professeur de français s'est présentée, il est resté. Il n'est retourné chez lui qu'un an après. Il et gagne 400 yuans par mois. Il a rencontré Anna, qui il y a à peine un mois vient d'ouvrir une agence de voyage, en collaboration avec une amie anglophone. Cette année pour la première fois, ils sont allés en France. Anna apprend le français et
ne se débrouille pas trop mal. Ils vont se marier et dans 5 ans ils iront vivre en Bretagne. L'appartement est vétuste, la salle de bain d'un confort très relatif. On leur a promis un autre appartement, ils prennent leur mal en patience. On a appris que la Chine censurait la nouvelle de la nomination du prix Nobel de la paix. Quand nous évoquons la chose, Jean-Christophe est mal à l'aise pour expliquer à Anna de quoi il s'agit, il ne lui en avait pas parlé. Il risque gros. Tout le monde en Chine a reçu un texto, rappelant qu'il ne faut pas dévoiler les secrets d'État.




Guilin (700 mille d'habitants) Yangshuo (300 mille habitants) et Xingping (de la taille d'un village)
sont sur les rives de la rivière Li. C'est une destination très courue, car la rivière s'écoule dans un
cadre somptueux loué par les peintres et les poètes. A Yangshuo, ville prisée s'il en fut, les chinois
viennent observer la faune des occidentaux et leur mode de déambuler. Le paysage est formé de
reliefs karstiques, témoins de la présence maritime préhistorique. Tout ce coin est dévolu à
l'impressionnante industrie touristique à la chinoise. Près de 200 bateaux sillonnent la rivière
chaque jour. Les poissons ont fui. Toute vie locale sur les berges s'est inclinée au profit d'activités
plus lucratives. Même Xingping est en pleine expansion.





A Yangshuo, on s'attend à rencontrer Sam. Mais c'est l'arlésienne. Il nous téléguide à distance et
demande à son ami de nous rejoindre à la gare. Celui-ci nous embarque, sans qu'on ait le temps de
dire ouf, sur deux mobylettes, Alain portant sur le dos, son sac, et d'un bras, le mien. On
entraperçoit Sam à deux reprises, en coup de vent. Le devoir l'appelle. On lui remet les pièces en
euros promises. Puis par SMS il nous donne rendez-vous pour manger des raviolis avec ses parents.
Tout notre pauvre chinois y passe pour tenter le dialogue.

Toujours par SMS, on convainc Sam de nous louer un scooter. Il renâcle et pense que c'est
dangereux ! Aux chinois, il leur arrive de monter à 4 dessus ! Et nous voilà partis. Le plan affiché
dans la ville est trompeur, l'échelle n'est pas la même pour la ville et pour la campagne. On s'évade
sur les routes buissonnières. On s'arrête dès le moindre village. Certaines zones sont anciennes,
toutes construites de vielles maisons en briques de terre. Apparemment elles ne servent plus
d'habitations, mais de réduits ou d'étables. Les maisons en béton se dressent avec arrogance malgré
leur banalité. Fulli nous enchante. Lové dans un méandre de la rivière, canards et buffles barbotent.
On y fabrique de grands éventails rouges. Deux étudiants se rapprochent de notre table et nous
apprennent des rudiments de chinois pour pouvoir commander à manger. Puis notre course nous
mène jusqu'au «Pont du dragon», espace calme à l'ombre de grands arbres. D'une porte s'échappe
une musique langoureuse, un homme chante en s'accompagnant d'un violon. Un bateau sur lequel
sont posés des cormorans nous rappelle que c'est une activité traditionnelle du coin. Mais
maintenant il faut mettre la main à la poche pour assister à une pêche. Je repère un petit restaurant
sur l'eau. On y déguste un succulent poissant chat.







Nous faisons la connaissance de Jeanie, une néozélandaise ayant immigré en Australie. Après avoir
élevé quatre enfants et perdu son mari dans un accident de voiture, elle se décide en l'espace d'un
mois d'accepter un poste de professeur d'anglais en Chine. Après avoir séjourné dans différentes
villes, elle a depuis 2 mois atterri ici à Xingping, où elle pense se fixer. D'ailleurs elle s'est accordé
une machine à laver et un fauteuil. Elle tient une boutique d'«art» et une guinguette. Après 8 ans
passés en Chine, elle baragouine quelques mots en tout et pour tout. Elle a fait venir jusqu'ici son
petit fils qui filait du mauvais coton. Lui a appris le chinois en 9 mois, et va bientôt se marier avec
une belle jeune fille. Elle s'est construit une philosophie emprunte de taoïsme, elle se contente de ce
qu'elle a, d'un confort très sommaire, d'une maison ouverte aux quatre vents dans laquelle il n'y a ni
climatiseur, ni ventilateur, ni même un chauffage, et refuse de se prendre la tête pour quoi que ce
soit.


Elle bavarde comme une pie, pourrait écrire un roman de sa vie, nous offre un chocolat chaud
accompagné de biscuits, nous conseille de passer une nuit à l'auberge de jeunesse au demeurant
confortable et fort sympathique et nous organise notre virée sur la rivière Li.










Le pays des Dongs

Nous quittons la plaine, ses cultures de pamplemousses géants, de kakis, et de châtaignes et sa
rivière Li pour grimper dans les montagnes. Nous sommes toujours dans le Guangxi, mais entrons
dans le pays des Dongs, les hommes qui vivent dans «une plaine enclose au fond d'une cuvette dans
un cirque de montagne et traversée par un cours d'eau».







Première échappée de la route qui traverse le pays des Dongs pour se rendre à 'l'Échine du dragon' à
Ping'an. Nous sommes à 1000 m d'altitude. Le village est constitué de grandes maisons en bois, en
majorité des hôtels. D'ailleurs bien des coins sont en chantier pour en construire encore et encore.
C'est une destination hautement touristique ! Pour cultiver le riz, Les Dongs ont façonné la
montagne en terrasses qui épousent les reliefs et les contours. Deux points de vue concentrent
l'intérêt des visiteurs : 'Les neufs dragons et les cinq tigres' et 'La lune et les sept étoiles'. Dès qu'on
s'en éloigne, le visiteur se fait rare. Nous poursuivons le chemin. On passe le long de tumulus
parsemés de stèles gravées, qu'on pense être des tombes. On retrouve plus loin des parcelles de riz
et des hommes qui y travaillent. C'est la saison des récoltes. Ils battent le riz sur place, frappant
chaque botte à 4 ou 5 reprises. Il leur faudra ensuite ramener au village tous les sacs amassés. Une
femme nous rejoint, elle aimerait nous convaincre d'aller jusqu'à son village et nous fait comprendre
qu'on y trouvera un bus pour revenir. Mazette ! Alain ne la croit pas. Nous rebroussons chemin. A
l'aide d'une photo, elle nous explique que les Yaos cheveux longs et les Zhuangs, qui portent un
fichu en éponge, ne s'entendent pas du tout. Une très vielle femme vient s'asseoir à coté de nous et
nous offre des cacahouètes poussiéreuses. Bien que toute ridée et toute recourbée, elle soigne
inlassablement la parcelle sur laquelle sèche le riz.






C'est tout pour aujourd'hui ! C'est l'heure de repartir en exploration. N'hésitez pas à poser des questions, à mettre un commentaire, à nous envoyer des nouvelles   ....merci.

3 commentaires:

  1. je vous souhaite un magnifique voyage et d'inoubliables rencontres dans ce périple!Grace à internet nous pouvons voyager, partager votre aventure au fil de vos commentaires et de vos photos!
    Quel bonheur, merci mille fois!
    Ce jour départ de la route du rhum et à Aix il pleut!!
    Allez continuez à nous régaler! carine des urg...

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  2. merci, une réaction ça fait plaisir... voici la suite. il fait beau, mais il règne le soir venu, un froid de canard. et chez l'habitant pas de chauffage, que nenni ! Ciao

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  3. Ouaaa!!! Que ces paysages semblent beaux! Je découvre vos mises à jour ds le désordre:c'est via goggle que je dois trouver chaque nvelle page. Ce qui fait qu'il y a qq jours j'ai laissé un commentaire à la page dans le pays des dongs,là où l'on mange des insectes (pouah!). Comme votre amie Carinne l''écrit,merci de ces nouvelles et de ces images. C'est stupéfiant et grisant de voyager un peu avec vous. Bon pour les nouvelles je vous renvoie à mon commentaire sur une page de novembre(le 15/11 je crois). Amitiés et à bientôt
    Hélène

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